Notre approche

Le bâti ancien n’est pas fragile.

Murs froids, simple vitrage, humidité : on vous dira que votre maison ancienne est un problème à corriger. Elle tient pourtant debout depuis deux siècles, parfois plus. Avant de la transformer, mieux vaut comprendre comment elle fonctionne.

Philosophie

Ce que savent les murs.

Posez la main sur un mur enduit à la chaux : il n’est presque jamais tout à fait sec, ni vraiment froid. La pluie qui y entre en ressort par évaporation, plus ou moins vite selon la saison. La charpente au-dessus vit de la même façon, le chêne gonfle puis sèche, et ses assemblages ont été taillés avec le jeu nécessaire. Rien de tout cela n’est étanche, et c’est voulu. Un bon débord de toiture, un seuil incliné suffisent à écarter l’essentiel de la pluie.

Une maison humide n’est presque jamais une maison usée. Dans la plupart des cas, le désordre date de quelques décennies : un enduit au ciment posé sur les conseils d’une entreprise, une peinture qui empêche le mur de sécher, parfois un simple trottoir imperméable coulé au pied de la façade. L’eau qui entrait et sortait librement se retrouve piégée dans la maçonnerie, et elle y fait des dégâts que l’on met ensuite sur le compte de l’âge.

Une maison ancienne ne se défend pas contre son milieu ; elle compose avec lui. Sa longévité n’est pas un blindage, c’est un accord entretenu.

Cet accord n’a rien de mystérieux. On bâtissait avec ce que le sol offrait à portée : pierre bleue dans le Condroz, ardoise à Herbeumont, torchis sur les limons de Hesbaye, et un peu partout du chêne des forêts voisines pour les charpentes. Il suffit de traverser le pays pour voir les villages changer de teinte avec le sous-sol. Une maison ancienne est faite de l’endroit où elle est construite ; c’est aussi ce qui la rend difficile à remplacer.

Ce patrimoine ordinaire n’est protégé par rien. Ni classement, ni inventaire : sa survie repose sur l’attachement de ceux qui l’habitent. Il se perd d’ailleurs vite, au fil des ventes, des primes mal calibrées, des chantiers d’isolation menés sans regarder ce qui existe déjà ; des enduits respirants disparaissent sous les panneaux, des charpentes saines partent à la benne. La fragilité du bâti ancien tient beaucoup plus à notre regard qu’à ses murs.

La durabilité des catalogues est garantie dix ans, sans entretien. Celle d’une maison ancienne suppose au contraire qu’on s’en occupe : purger les gouttières à l’automne, refaire un joint de chaux avant qu’il ne se creuse, remplacer la pièce de charpente attaquée sans démonter le reste. Des gestes modestes — à condition de ne pas les remettre à plus tard. C’est ce que nous appelons le soin des choses. En matière de durabilité, nous n’avons encore rien trouvé de plus efficace.

La démarche

Lire, diagnostiquer, restaurer, transmettre.

01

Lire

Lire la matière.

Toute intervention commence par un relevé fidèle de l’existant : géométrie, matériaux, désordres. Photogrammétrie et lasergrammétrie produisent un modèle précis et complet du bâtiment tel qu’il est, avant toute interprétation. On s’y reporte ensuite à chaque étape de l’étude.

Capture de réalité · relevé 3D

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Diagnostiquer

Des symptômes aux causes.

Comprendre pourquoi un mur ou une charpente se dégrade demande de remonter aux causes : un cheminement d’eau modifié, deux matériaux qui se supportent mal, une ventilation supprimée lors d’une transformation. Scanner, thermographie et sondages servent à préciser ce diagnostic avant de décider quoi que ce soit.

Mesure · thermographie · sondages

Le testeur de xylophages
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Restaurer

Rendre ce qui convient.

Restaurer, c’est rendre au support ce qui lui convient : des mortiers de chaux compatibles avec les maçonneries anciennes, dosés au cas par cas ; des charpentes reprises comme elles ont été conçues, par assemblages, pièce par pièce. Tout ce qui est posé doit pouvoir se démonter un jour, et l’on remplace le moins possible.

Chaux · pierre · charpente

Le livre des recettes
04

Transmettre

Le soin des choses.

Avec le bâti ancien disparaît une mémoire constructive collective, faite de gestes hérités et d’ajustements empiriques. Nous la transmettons par les rapports de mission, la médiation et la formation, pour que cette intelligence des lieux, des matériaux et des usages continue de servir.

Rapports · médiation · formation

L’agenda